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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 11:36

Je vous donne ici un résumé de l'enquête que vous pourrez lire en entier en cliquant sur le lien prévu à cet effet (voir en bas du résumé).

 

Dans ce document, nous proposons une mesure de la santé à l’âge du travail qui nous permet de décrire les états de santé des personnes concernées, qu’elles travaillent effectivement ou qu’elles ne travaillent pas. La vaste littérature disponible sur les liens entre santé et travail fournit en effet de nombreux indices montrant que la santé est moins uniformément bonne que l’on pourrait a priori le penser pour cet âge particulier. Nous souhaitons, par cette mesure, en apprécier l’ampleur en saisissant la santé dans sa globalité, c’est-à-dire sans la limiter à ce qu’y imprime le rapport au travail ou à l’emploi. Nous entrons donc dans le travail par la santé, en considérant celle-ci de la manière la plus ouverte possible. Cette ouverture suppose également de considérer, ensemble, les dimensions physique, mentale et fonctionnelle de la santé en examinant les liens possibles entre elles. Notre propos est par ailleurs résolument descriptif plutôt que causaliste. Sans remettre en cause l’intérêt de la recherche des causalités réciproques entre travail et santé, dont nous retrouvons d’ailleurs plusieurs des résultats – notamment les mécanismes liés aux inégalités sociales de santé –, nous explorons les états de santé à l’âge du travail, de la bonne santé jusqu’à la santé très dégradée, en les qualifiant le mieux possible.

La santé, on le sait, n’a d’autre définition que conventionnelle et toute mesure doit faire état de « sa fabrique ». La première partie de ce rapport présente donc le détail des instruments à partir desquels la mesure a été construite. Ces instruments sont extraits de l’enquête Événements de vie et santé (Drees, 2005-2006), représentative de la population des 18-75 ans résidant en France en ménage ordinaire, pour sa richesse en variables sur la santé et malgré des informations plus restreintes sur le travail et l’emploi. Toujours dans cette première partie, les données de l’enquête sont confortées, par la comparaison, à d’autres enquêtes nationales et internationales et l’exploitation de deux scores synthétiques sur la santé physique et mentale offre une première vue d’ensemble de la question posée. On y confirme le jeu du travail comme normalité de santé physique plutôt que mentale, on y enregistre de nombreux troubles déclarés (y compris lorsque les personnes travaillent) que nous avons traités comme des anomalies de la normalité, et on y voit enfin l’autonomie relative de la santé physique et de la santé mentale.

La seconde partie du rapport pousse plus loin l’analyse en cherchant à caractériser les différentes situations de santé possibles et en décrivant les caractéristiques des personnes concernées par une pluralité de variables. Pour ce faire, nous mobilisons une analyse des correspondances multiples (ACM) menée sur une sous-partie des enquêtés (les 18-65 ans), suivie d’un travail de typologie. Les neuf types de santé qui se dégagent de cette analyse dessinent
trois grandes zones de santé : « bonne », « moyenne » et « mauvaise », qui concernent respectivement 54 %, 31 % et 14 % de l’ensemble des 18-65 ans. L’exploitation d’un large ensemble de variables permet de qualifier chacun de ces trois types et, surtout, objective les seuils qui les discriminent. La cartographie sur laquelle débouche l’analyse confirme la première exploitation des scores synthétiques et la précise. Elle montre qu’une large partie de la population en emploi doit faire avec des pathologies liées à la santé physique ou mentale, des limitations fonctionnelles, une santé qui n’est pas toujours perçue de manière favorable, etc. Plus précisément, si l’on regroupe les types de santé moyenne (pour lesquels les troubles peuvent être substantiels) et celui de la mauvaise santé (dans lequel les pathologies sont les plus graves sur tous les plans de la santé examinés et tendent à se cumuler), quelque 45 % des 18-65 ans présentent un état de santé non indemne de « troubles », dont une grande majorité est en emploi. À l’opposé, les meilleurs états de santé ne renvoient pas d’accords parfaits entre les différentes dimensions de la santé. On y décèle des dissonances : une bonne santé physique allant avec des troubles de la santé mentale ou réciproquement. Il n’y a donc pas une norme rigide de la santé au travail, mais plusieurs qui s’écartent, parfois nettement, de celle que dicterait une définition strictement biologique de la santé, limitée à la morbidité.

La conclusion de ce rapport reprend ce qui nous semble les principaux enseignements de la mesure produite, les rapportant à ceux de la littérature et les discutant, par exemple, sur les effets des variables d’âge ou de sexe que nous voyons jouer de façon atténuée. Elle amorce également une réflexion plus générale sur les normes de la santé au travail dont la variété invite à ouvrir, plus qu’on ne le fait usuellement, la compréhension de la relation santé-travail aux dispositifs institutionnels et réglementaires qui contribuent à la construire.

Voir le Fichier : Enquete_sur_la_sante_au_travail.pdf

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Published by sante-securite.over-blog.com - dans Maladies et travail
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