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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 18:22

Au JO du 26 juin, parmi les textes provenant du Ministère de l’Economie et des Finances, un arrêté, daté du 17 mai, au titre « prometteur » puisqu’il concerne une enquête « sur les accidents du travail et les problèmes de santé liés au travail ». Il va de soi en effet que tout ce qui peut aider à mieux comprendre les relations entre Travail et Santé est bienvenu.

On en apprend un peu plus à la lecture de l’article 1er :

Il est créé à l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) un traitement automatisé d’informations individuelles relatif à une enquête obligatoire, complémentaire à l’enquête emploi en continu 2013 sur les accidents du travail et les problèmes de santé liés au travail.

La collecte se déroulera auprès des ménages au cours de l’année 2013 et concernera environ 30 000 personnes.

L’article 3 de l’arrêté confirme l’importance et l’intérêt des catégories d’informations qui seront traitées dans cette enquête, puisqu’elles concerneront respectivement :

– les accidents survenus au travail occasionnant une blessure ;

– les problèmes de santé causés ou aggravés par le travail ;

– les expositions à certains facteurs risqués pour la santé des travailleurs ;

– les jours de travail perdus à cause d’accidents du travail ou de problèmes de santé liés au travail ;

– les facteurs susceptibles d’être corrélés aux accidents du travail et aux maladies professionnelles : secteur d’activité, position sociale… ;

– les liens entre accidents au travail, problèmes de santé et emploi, chômage, inactivité.

Connaissant la rigueur avec laquelle l’INSEE traite les données statistiques, on se dit que l’outil sera probablement très intéressant, passionnant même.

Le problème, car il y a bien problème, se situe à un autre niveau, que l’on découvre à l’article 2 :

L’enquête a pour objectifs, d’une part, d’améliorer la qualité et la productivité au travail, d’autre part, de promouvoir l’amélioration de la sécurité et la santé des travailleurs.

En clair, l’objectif prioritaire est d’améliorer la qualité (de quelle qualité s’agit-il ? Compte tenu de ce qui suit, on peut penser que c’est de la qualité des produits et non pas de la qualité du travail ou de la qualité de vie au travail) et la productivité au travail. La promotion de l’amélioration de la sécurité et de la santé des travailleurs vient après…

L’ordre des facteurs suffit à montrer la place réelle de la Santé au travail dans les préoccupations de tous ceux qui nous gouvernent, et même si, en ma qualité d’économiste, je comprends parfaitement l’importance de la productivité dans la compétition économique, cela ne suffit pas à me convaincre de la justesse de choix qui relèguent la Santé de l’Homme au second plan…

Il est vrai que le texte en question provient du Ministère de l’Economie et des Finances. Il est donc très naïf de ma part de m’offusquer de son contenu. Certes, mais justement, ne doit-on pas s’inquiéter que tout doive aujourd’hui être jaugé, jugé, décidé à l’aune de critères purement économiques et financiers ?

Source : Gabriel Paillereau, www.ephygie.com du 1er juillet 2013

Lire l'arrêté du 17 mai 2013 paru au J.O du 26 juin 2013

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commentaires

Alain Astouric 01/07/2013 20:35

Vraiment très intéressant ! Mais pour ce qui concerne la qualité, dans l’esprit d’un texte provenant du Ministère de l’Economie et des Finances il ne peut s’agir que de celle du produit. Un espoir
reste cependant permis puisque même si le critère économique prédomine largement nous savons tous qu’il ne vient jamais que comme preuve du reste. Ce qui signifie que la qualité de vie au travail
finira par s’imposer tôt ou tard. D’autant que la liste des 100 principales causes de non qualité de vie au travail, de stress et de souffrance est maintenant clairement établie
(http://astouric.icioula.org/) même si beaucoup en ignorent encore l’existence.