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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 08:48

« Les collectivités sont confrontées à divers enjeux organisationnels liés à l’intégration continue des TIC dans les pratiques professionnelles », constate Maryse Carmes, co-fondatrice du Grico, réseau de recherche sur les devenirs numériques. « Mais toutes ces transformations sont inégalement envisagées du point de vue des pratiques, des conditions de travail, du management au sein des administrations », analyse-t-elle, à partir des résultats de l’enquête « Les collectivités numériques vues par leurs agents » menée auprès de 1 300 agents de 14 collectivités et organisations territoriales (enquête menée de juin à décembre 2012 auprès de 1300 agents de 14 collectivités et organisations territoriales).

Satisfecit nuancé - Première conclusion : près de 6 agents sur 10 considèrent que l’organisation interne a gagné en efficacité, même si cette évolution est moins bien perçue dans les collectivités de plus de 500 agents et chez les catégories A. Par ailleurs, si 2/3 des agents connectés conçoivent l’Intranet comme un passage obligé pour travailler, 50 % d’entre eux déplorent que cet outil contribue peu à l’enrichissement de l’expression directe. Les applications Intranet les plus citées sont liées aux fonctions de recherche : les informations RH, les actualités de la collectivité, les petites annonces… Les agendas partagés (consultation des réunions d’autres agents) sont également très utilisés. Enfin, les agents expriment un certain scepticisme quant au lien entre TIC et optimisation du budget de la collectivité : un peu moins de la moitié des sondés considère que ces outils favorisent des gains financiers, avec une forte part d’indécis (31 %).

Accès modulé - On apprend que 56 % des agents connectés ont un accès à une liste de sites sélectionnés ou filtrés, 37 % ont accès à tout sans restriction et 11 % ont aussi accès aux réseaux sociaux du Web. Les sites les plus souvent interdits sont ceux imposés par les règles juridiques, mais aussi les réseaux sociaux, les achats en ligne, les paris sportifs, les blogs etc. « Assez souvent, les droits s’étendent à mesure que l’on gravit l’échelle des hiérarchies », souligne l’enquête. En matière de sécurité informatique et des données, l’étude révèle une perception relativement vague sur les risques encourus par l’agent et par la collectivité lors d’échange d’informations. Seule la moitié des agents pense que les données sensibles de la collectivité et ses fichiers sont très bien sécurisés.

Laisse électronique - Les systèmes d’information, qui fonctionnent en flux continu, peuvent nourrir un sentiment de pression croissante, et, même, être pensés comme des outils de surveillance. « L’emprise d’une chronocratie dévorante semble surtout s’imposer dans la population des catégories A : les 2/3 indiquent « être sous la pression du temps » et une part importante associe cette contrainte à la gestion de l’information. Ces perceptions concernent également plus de la moitié des catégories B et C connectées », précise ainsi l’enquête. La messagerie est emblématique de cette emprise – « tout est marqué urgent », déplorent les agents – et induit une astreinte à travailler hors temps de travail, une extension clairement refusée par certains agents.

Ce danger était déjà clairement souligné dans la récente note du Centre d’analyse stratégique (CAS), « Quel est l’impact des TIC sur les conditions de travail dans la fonction publique ? » (janvier 2013), qui signalait que si ces nouveaux outils peuvent conduire à de nettes améliorations, ils peuvent aussi détériorer les conditions de travail (contrôle accru des tâches et des missions, isolement au travail) et conduire à une certaine forme de résistance aux changements.

Force de propositions - Selon les agents interrogés dans cette étude, l’espace numérique organisationnel devrait évoluer en présentant les caractéristiques suivantes :

  • optimiser impérativement l’exploitation documentaire
  • permettre un enrichissement des savoirs et des pratiques
  • favoriser une socialisation professionnelle et des discussions métiers
  • être connecté avec d’autres territoires
  • s’affranchir des logiques bureautiques et des contrôles
  • être un levier pour le développement du télétravail organisé mais non subi
  • assurer un équilibre entre interactions orales et numérique.

Enfin, en qui concerne la communication de la collectivité sur les réseaux sociaux, les agents sont globalement sceptiques, l’estimant « peu nécessaire », en particulier ceux travaillant dans de petites collectivités (seuls 20 % de ces agents sont favorables à cette mise en œuvre et le reste est « sans avis »).

Site du GRICO

Source : www.lagazettedescommunes.com

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Published by sante-securite.over-blog.com - dans A consulter
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