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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 09:02

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Un rapport de l'OIT souligne que la prévention est la clé pour pour combattre le nombre grandissant de maladies liées au travail qui font plus de deux millions de victimes chaque année.

L’Organisation internationale du Travail (OIT) a lancé un appel en faveur d’une campagne mondiale «urgente et dynamique» pour combattre le nombre grandissant de maladies liées au travail qui sont à l’origine d’environ deux millions de morts par an.

«Le coût ultime d’une maladie professionnelle, c’est celui d’une vie humaine. Ces maladies appauvrissent les travailleurs et leur famille et peuvent miner des communautés tout entières lorsqu’elles perdent leurs travailleurs les plus productifs», a déploré le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, dans sa déclaration publiée à l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail. «A cause d’elles, la productivité des entreprises est réduite et le fardeau financier pour l’Etat s’accroît à mesure qu’augmentent les dépenses de santé. Quand la protection sociale est défaillante ou inexistante, beaucoup de travailleurs, ainsi que leur famille, sont privés de l’aide et du soutien dont ils ont besoin.»

M. Ryder a rappelé que la prévention était la clé pour s’attaquer au fléau des maladies professionnelles, et qu’elle était plus efficace et moins coûteuse qu’un traitement suivi d’une réhabilitation. Il a déclaré que l’OIT préconisait l’institution d’un «paradigme de prévention comprenant une action exhaustive et cohérente en direction des maladies professionnelles, et pas seulement des accidents». Il a ajouté: « Il y a un pas fondamental qui consiste à reconnaître le cadre que constituent les normes internationales du travail pour conduire des actions de prévention efficaces et promouvoir leur ratification ainsi que leur application. «

Le Directeur de l’Organisation internationale des employeurs (OIE), Brent Wilton, a expliqué: «L’OIT est bien placée pour diriger un effort concerté et global pour relever les défis de la SST en proposant des informations consultables en ligne, sur un site web pratique et facile d’accès pour les acteurs du lieu de travail, les centres de prévention et de traitement, les organisations d’employeurs et de travailleurs, les autorités chargées de faire appliquer la règlementation et les inspections du travail. Nous avons là une occasion de nous assurer que les pays sont mieux équipés pour éviter les risques liés aux défis de la SST en tirant parti des expériences partagées.»

Sharan Burrow, Secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI), a déclaré: «Nos sociétés ne doivent pas accepter que les travailleurs puissent mettre leur santé en péril pour gagner leur vie. Nous ne devons pas non plus oublier que les maladies professionnelles font peser une lourde charge sur les familles et sur les deniers publics – une charge que l’on pourrait éviter. Pour prévenir les décès et les maladies, il est primordial de mettre à profit le savoir des travailleurs, épaulés par leurs syndicats. La protection des travailleurs, du respect de leurs droits à la représentation syndicale, ainsi que la législation nationale et son application en conformité avec les normes et les orientations de l’OIT, devraient être étendues.»

Nous devons nous fixer des objectifs clairs en matière de SST et établir une feuille de route; nous devons agir»

Dans un rapport sur la prévention des maladies professionnelles (voir plus bas) publié pour la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, l’OIT a constaté qu’en dépit du fait que les maladies professionnelles tuent six fois plus que les accidents du travail, elles sont largement plus ignorées. Sur les quelque 2,34 millions de décès liés au travail par an, l’immense majorité d’entre eux – approximativement 2,02 millions – sont la conséquence d’une maladie professionnelle. Cela représente une moyenne journalière de 5 500 morts. L’OIT estime également à 160 millions le nombre de cas de maladies non mortelles liées au travail chaque année.

Les évolutions technologiques et sociales, ajoutées à la conjoncture économique mondiale, aggravent les risques existant pour la santé et en créent de nouveaux. Les maladies professionnelles bien connues comme les pneumoconioses et les maladies imputables à l’amiante demeurent courantes tandis que des maladies professionnelles relativement nouvelles comme les troubles psychiques ou les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont en plein essor.

Les maladies professionnelles s’accompagnent d’énormes coûts – pour les travailleurs et leur famille, tout comme pour le développement économique et social. L’OIT estime que les accidents du travail et les maladies professionnelles entraînent une perte de 4 pour cent du Produit intérieur brut (PIB) par an, soit environ 2 800 milliards de dollars E.-U., en coûts directs et indirects engendrés par les maladies et les lésions liées au travail.

La qualité des données est d’une importance capitale puisqu’elles sont la base même d’une stratégie de prévention efficace. Pourtant, à l’échelle mondiale, plus de la moitié des pays ne produisent pas de statistiques concernant les maladies professionnelles. Seuls quelques pays recueillent des données différenciées par sexe. Cela rend difficile, non seulement l’identification des types de maladies ou d’accidents liés au travail qui affectent spécifiquement les hommes et les femmes, mais cela empêche aussi d’élaborer des mesures de prévention efficaces pour chacun.

«Il n’est pas simple de réduire drastiquement l’incidence des maladies professionnelles. Ce n’est pas facile et cela ne se fera pas en une nuit, mais des progrès sont certainement réalisables. Nous devons donc nous fixer, dans nos domaines de responsabilité respectifs, des objectifs clairs en matière de SST et établir une feuille de route; nous devons agir et persévérer afin qu’ensemble nous réussissions à inverser le cours de l’épidémie et à faire véritablement progresser cette dimension du travail décent», a conclu M. Ryder.
Pour le directeur pays de l’OIT au Viet Nam, Gyorgy Sziraczki, la création d’une culture de la sécurité peut faire que «le travail donne la vie et n’en prend pas». Après tout, dit-il, «le travail décent, c’est un travail sûr».

A l’occasion de la Journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail (le 28 avril), l’OIT appelle à agir d’urgence à l’échelle mondiale pour lutter contre les maladies professionnelles qui coûtent environ 2 millions de vies par an.

Voir le Fichier : Rapport_OIT_2013_sur_les_maladies_professionnelles.pdf

 

Faits et chiffres sur la santé et la sécurité au travail

  • 2,02 millions de personnes meurent chaque année de maladies liées au travail.
  • 321 000 personnes meurent chaque année d’accidents du travail.
  • 160 millions de maladies professionnelles non mortelles par an.
  • 317 millions d’accidents du travail non mortels par an.
Cela signifie que:
  • Toutes les 15 secondes, un travailleur meurt d’une maladie ou d’un accident lié au travail.
  • Toutes les 15 secondes, 151 travailleurs sont victimes d’un accident du travail.

Les décès et les blessures frappent très lourdement les pays en développement, où une grande partie de la population exerce des activités dangereuses, comme l’agriculture, le bâtiment, la pêche et les mines.

Source : www.ilo.org, 26 avril 2013









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Published by sante-securite.over-blog.com - dans Maladies et travail
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