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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 11:03

Réunis à Paris le 7 février 2012 pour une journée d’action, les médecins scolaires entendent alerter l’opinion sur le risque de disparition de leur profession. Ils dénoncent les centaines de postes vacants et demandent une revalorisation d’urgence de leur grille indiciaire.

Pour les trois organisations syndicales des médecins de l’Education nationale, qui organisaient une journée d’action à Paris le 7 février 2012, la médecine scolaire est proche d’un point de non retour. « Faute de projet de santé publique, nous ne serons bientôt plus en mesure d’offrir le service auquel chaque enfant a droit », prédit Corinne Vaillant, secrétaire générale du SNMSU-UNSA Education, syndicat majoritaire de la profession. D’ici à 2019, ce sont en effet 42% des médecins scolaires qui partiront à la retraite, sans que la relève ne soit assurée. Ainsi, dans toute la France, on dénombre déjà 220 postes vacants, dont 24 uniquement en Seine-Saint-Denis, un département déjà très touché par la désertification médicale. « Nous estimons que 30 à 40% des établissements ne sont pas couverts par la médecine scolaire, témoigne Mathieu Hanotin, vice président du conseil général de Seine-Saint-Denis en charge de l’éducation. Or le médecin scolaire est très souvent le seul médecin que les jeunes de quartiers peuvent rencontrer. Ces mêmes jeunes, qui ne prennent pas de bonnes habitudes de santé et qui ont des conduites à risque… Pourtant les postes existent. Il faut que l’Etat soit au rendez-vous et les rende attractifs ! »

1750 euros bruts - C’est que la création du corps des médecins scolaires, fonctionnaires de l’Education nationale, date de 1991, et que leur grille indiciaire n’a pas évolué depuis. « Un médecin scolaire en début de carrière gagne 1750 euros brut par mois, après 9 à 10 ans d’études, un concours professionnel, une formation spécifique à l’Ecole des hautes études de santé publique, et un an de stage professionnel », dénoncent les syndicats. « Un interne en médecine générale gagne davantage en première année qu’un médecin scolaire en début de carrière. Même si nos missions sont passionnantes, toute cette énergie doit-elle être dépensée pour si peu ? » s’interroge Corinne Vaillant. Un décret modifiant la grille indiciaire devait être publié fin décembre 2011. Il se fait toujours attendre, malgré les conclusions des rapports de la Cour des comptes et du Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques sur la médecine scolaire publiés en novembre 2011, et qui font de la revalorisation de la profession une des premières priorités.

Dépistages systématiques en berne - « Les médecins scolaires jouent un rôle primordial dans le dépistage des troubles auditifs et visuels au moment du passage en cours préparatoire », témoigne Brigitte Collet, adjointe au maire, en charge de l’éducation, à Bordeaux, une des douze villes possédant un service de médecine scolaire municipale, dont les moyens permettent des bilans quasi systématiques en petite et moyenne section de maternelle, ce qui est loin d’être le cas au niveau national. Le rapport du comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques avance un chiffre : 65% des bilans de santé systématiques pour les enfants de 6 ans auraient été réalisés durant l’année scolaire 2008-2009, dernières données statistiques disponibles. « Faux ! » s’exclament les organisations syndicales, qui ont fait leurs propres sondages. « Aujourd’hui, la moyenne se situe plutôt à 20% des élèves de 6 ans, les bilans de santé systématiques ayant quasiment disparus pour les élèves de 9, 12 et 15 ans. »

Intégration des enfants handicapés - Autres points d’inquiétude pour la santé des enfants à l’école : la médecine scolaire est en première ligne pour l’intégration des enfants handicapés ou souffrant de troubles de santé. « Nous sommes le lien entre les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) et l’Education nationale. L’intégration des enfants handicapés à l’école a explosé. Chaque année, leurs besoins sont à réévaluer. Qui fera ce travail si nous ne sommes plus là ?», demandent les syndicats. De même, si des troubles de l’apprentissage, comme la dyspraxie, ne sont pas diagnostiqués de façon précoce, ils laissent l’enfant et sa famille dans une grande souffrance. « Or les médecins généralistes ne connaissent pas forcément la pathologie, mais surtout, ne savent pas ce qui peut être fait à l’école pour aider ces enfants », arguent les syndicats. « Nous sommes les seuls médecins à avoir accès à tous les enfants. Faire disparaître la médecine scolaire équivaut à renforcer les inégalités sociales », conclut Corinne Vaillant. Un constat que tout le monde semble partager au vu des rapports successifs, mais qu’il faudrait enfin traduire par des actes.

 

Chiffres-clés

La médecine scolaire en chiffres :

  • On compte 1373 médecins scolaires en 2011 (dont 593 ont plus de 55 ans) pour 12 millions d’élèves.
  • 37 euros : c’est la dépense annuelle par élève pour la médecine scolaire.
  • 169 équivalents temps plein ont été perdus entre 2006 et 2011.
  • 220 postes de médecins scolaires sont vacants dans toute la France.
  • En 2019, 42% des médecins scolaires seront partis à la retraite.
Source : www.lagazettedescommunes.com

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Published by sante-securite.over-blog.com - dans Maladies et travail
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