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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 11:59

C’est la conclusion d’une expertise collective de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) rendue publique mercredi 11 septembre. Des dizaines de milliers de territoriaux sont concernés.

« Les expositions professionnelles aux bitumes et leurs émissions devraient être réduites », avertit l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) dans un rapport d’expertise publié mercredi 11 septembre 2013.

L’Anses considère que les ouvriers qui manipulent ces produits ou/et en respirent les émissions lorsqu’ils sont chauffés, s’exposent à différents risques sanitaires. Certains sont avérés : l’asthme, la bronchite chronique. D’autres sont suspectés : cancers du poumon, du larynx et du pharynx, atteintes des coronaires, artères qui irriguent le cœur.

« Certes, des progrès ont été réalisés au cours des vingt dernières années et notamment avec l’abandon des goudrons extraits de la houille, expose le Pr Gérard Lasfargues directeur général adjoint scientifique de l’Anses. Les fumées de bitumes contiennent 1000 fois moins d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) cancérigènes. Toutefois ils renferment 10 000 substances environ et les effets de ces cocktails, pour la plupart encore mal connus, ne sont pas négligeables. C’est la raison pour laquelle il est essentiel que les collectivités adoptent des mesures de prévention qui doivent s’adresser en priorité aux agents aux postes les plus exposés ».

Adapter l’organisation du travail - Cette réduction des expositions passe prioritairement par des mesures de prévention collective : adoption de produits moins toxiques qui se posent à froid, mise en place de système de captage de fumée sur les engins, etc.
Elle passe aussi par une adaptation de l’organisation du travail afin d’éviter, entre autre, une coexposition aux produits bitumineux et au rayonnement solaire, suspectée d’augmenter le risque de cancer de la peau.

Rechercher la présence de toxiques - Enfin, l’Anses attire également l’attention sur les risques sanitaires majeurs posés par l’entretien du réseau qui impliquent la mise en œuvre d’opérations de recyclage et de rabotage des anciens revêtements routiers. Car ces revêtements sont susceptibles de receler des produits hautement cancérigènes : amiante, goudron, etc.
« Plus de la moitié des travaux entrepris sur les routes, relève de la rénovation, conclut le Pr Lasfargues. Il est essentiel de réaliser des carrotages pour rechercher la présence de ces toxiques avant de lancer le chantier afin que les ouvriers puissent bénéficier de mesures de protection efficaces ».

31 700 agents d’exploitation de la voirie publique travaillaient pour les collectivités territoriales au 31 décembre 2006. Le Cnfpt ne dispose pas de statistiques plus récentes. Il faut y ajouter les 25 000 ouvriers de la fonction publique d’Etat (équipement) transférés à la territoriale entre 2007 et 2009.

Les postes les plus à risques

L’Anses les a identifiés :

  • Chez les travailleurs de la pose d’enrobés à chaud, il s’agit des postes de conducteur de finisseur, de tireur au râteau et de régleur.
  • Chez les travailleurs chargés de l’application des enduits superficiels d’usure (ESU), il s’agit des postes de gravillonneur et d’opérateur-lance.
  • Chez les applicateurs de l’asphalte coulé, il s’agit des postes d’aide asphalteur, d’asphalteur et de régleur finisseur.
  • Chez les travailleurs de l’étanchéité, il s’agit des postes d’étancheur et d’aide étancheur utilisant la méthode de collage au bitume oxydé fondu.
  • Chez les travailleurs affiliés aux travaux de petit entretien ou de réfection, il s’agit des brouetteurs, ratisseurs d’enrobés à chaud ainsi que les préparateurs de fissure.
Source : www.lagazettedescommunes.com du 12 septembre 2013

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Published by sante-securite.over-blog.com - dans Maladies et travail
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