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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 11:46

Pas plus tard qu'hier, je mettais en ligne une vidéo en deux parties de Christophe Dejours sur ce thème. L'ANACT propose un cas concret qui lie les propos de Christophe Dejours à la réalité du terrain et prouve, si certains en doutaient encore, que les salariés peuvent se saisir eux-mêmes de ces problématiques dans le but d'améliorer leurs conditions de travail.

En région picarde, 32 salariés se sont lancés dans l'aventure au sein du CCAS de leur commune.

A découvrir ci-dessous...

Le webmestre

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Organisation du travail, organisation de la production et organisation temporelle caractérisent l’organisation formelle d’une entreprise. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les choix que celle-ci se fixe en lien avec les mesures légales ont des conséquences réelles sur les conditions de travail, d’hygiène et de sécurité. Or ce n’est pas tout ! En effet, l’on sous-estime souvent l’impact de la fonction managériale chargée de « mettre en musique » les prescriptions et les coopérations entre salariés. Dans ce contexte, lorsque ces derniers n’y voient pas clair, cela peut sournoisement être source de stress et perte de repères.
Repenser une organisation en vue de la rendre plus transparente aux yeux des salariés, tel est le but de cette intervention.

Présentation

Le Centre communal d'action sociale (CCAS) intervient sur un grand nombre de champs de l'action et de l'aide sociale au sein de cette commune de 6500 habitants. Entre autres activités proposée: un service d'aide à domicile pour les personnes âgées dépendantes.

Demande de l'entreprise

À l'occasion d'une série d'évolutions, le CCAS a souhaité travailler à l’amélioration de son organisation. D’une organisation plutôt floue dans laquelle la structure n’avait que peu de visibilité sur les activités des agents, il a opéré un certain nombre de clarifications et d’améliorations (livret d’accueil, dossier bénéficiaire, remise à plat des plannings, redéfinition et clarification des rôles de chacun et développement de la polyvalence au niveau administratif, réunions d’échanges…).
C'est dans ce cadre que la direction a souhaité engager un travail de fond sur la prévention des risques professionnels en refondant son Document Unique pour en faire un réel outil de gestion en santé et travail.

Démarche

Dans un premier temps la direction a travaillé à la mobilisation et à la sensibilisation des élus de la mairie et à celle de l'ensemble des agents aux enjeux de la prévention. Le périmètre retenu concernait les activités de l'aide à domicile qui constituent près de 90% de l'activité du CCAS.

La démarche a consisté à appuyer un groupe de travail constitué de quatre intervenantes volontaires en charge de produire le DU.

À chaque phase de la démarche, un temps était prévu pour la formation autour des notions utiles (Unité de travail, situation de travail, risque, etc.) et de la méthode. Avec l'aide de l'intervenant, le groupe engageait un travail d'analyse qui se poursuivait ensuite en son absence. De même à chacune des réunions, un temps était consacré à échanger sur les éventuelles difficultés rencontrées par le groupe dans ses moments d'analyse. D'un autre côté, la direction du CCAS était également sollicitée lorsque des questions juridiques ou d'organisation devaient être abordées ou lorsque des solutions préventives proposées par le groupe nécessitaient son éclairage.

Plusieurs aspects méritent d'être soulignés dans cette démarche:
- Le premier concerne le choix fait par les intervenantes et validé par la direction de lier, dans l'analyse des risques, ceux relatifs aux intervenantes et ceux relatifs aux bénéficiaires dans le cadre de la réalisation des prestations. À ce titre, il s'agissait bien de considérer chaque activité comme une "co-activité" engageant autant l'intervenante que le bénéficiaire.
- Le second aspect concernait le lien fait entre les tâches à réaliser, celles "interdites" et les activités réelles des intervenantes. Ainsi, les analyses se sont appuyées sur les tâches prescrites; en retour, elles sont venues enrichir les outils de gestion des tâches, notamment à travers un guide décrivant les tâches autorisées, non autorisées ou acceptables sous conditions.
- Le troisième point consistait à articuler les situations de travail "normales" avec les situations en modes dégradés. Si cette manière d'analyser est classique en ergonomie, elle est apparue novatrice pour les intervenantes. En effet, pouvoir échanger sur des situations spécifiques déjà rencontrées et exprimer les stratégies qui ont été mises en œuvre pour "tenir" ces situations leur a permis de prendre conscience de l'étendue de leur savoir-faire et de l'intérêt de poursuivre ce type d'échange dans un cadre ad hoc. Aux dires de la directrice, cet aspect leur a fait prendre conscience de leur professionnalisme mais également de l'intérêt de pouvoir parler de certaines situations rencontrées, et donc de l'utilité de remonter les informations et besoins et ne pas rester seule avec ses difficultés.

À l'issue du travail d'analyse et de conception du DU, la direction et les membres du groupe de travail ont présenté les travaux à l'ensemble des intervenantes ainsi qu'aux élus. Outre l'exposé de ce qui avait été fait, l'enjeu consistait à convaincre l'ensemble des intervenantes de l'intérêt de faire vivre le DU.

Bilan

En une dizaine de séances de travail les intervenantes se sont approprié la gestion de leurs risques professionnels tant du point de vue de la compréhension des enjeux pour elles et les bénéficiaires que du point de vue de l'analyse des situations de travail.

Dès le démarrage le travail sur le DU a été mené en lien avec l'esquisse dun document listant les tâches prises en charge et celles qui ne sont pas du ressort des intervenantes. Ce document a donc été enrichi et fera partie des éléments remis aux intervenantes, notamment aux nouvelles arrivantes.

D'un autre côté, une réflexion avec la directrice a été engagée pour renforcer la capacité du CCAS à rendre visibles les risques potentiels liés aux espaces de travail (lieu de vie du bénéficiaire) des intervenantes, notamment lors de la première visite lorsque démarre une nouvelle prise en charge. Un document de traçabilité est d'ores et déjà produit et devrait être finalisé puis testé rapidement. Ce travail préfigure également la mise en place de groupes d'échanges de pratiques souhaitée par la direction du CCAS, même si la question des moyens nécessaires n'est pas encore solutionnée.

Source : www.anact.fr du 18 octobre 2013

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Published by sante-securite.over-blog.com - dans Les RPS
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commentaires

Vanessa 24/05/2015 15:21

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